Les chercheurs lui ont demandé quelles en étaient les raisons et les motivations. Il a déclaré qu'il n'avait aucunement oublié son passé de fumeur mais que son corps ne ressentait pas l'envie de fumer.

Intrigués, Bechera a voulu comprendre si cet arrêt immédiat du tabac pouvait être du à son traumatisme cérébral. Les chercheurs ont donc étudié 69 personnes qui fumaient avant une attaque cérébrale. Les résultats montrent que 32 ont abandonné la cigarette par la suite mais la moitié a eu de grandes difficultés ; les 16 autres ayant renoncé à fumer spontanément. Il s'avère que 12 de ces 16 personnes ont été touchées au niveau de leur cortex insulaire.

Les scientifiques ont estimé que les difficultés d'arrêter de fumer étaient diminuées d'un facteur de plus de 130 lorsque l'un des cortex insulaires (droit ou gauche) était endommagé. Cependant les chercheurs voudraient aussi comprendre pourquoi quatre patients ont arrêté de fumer spontanément sans être affectés au niveau de leur cortex insulaire.

Selon Bechara, les scientifiques ont à leur disposition une nouvelle cible pour mieux comprendre les phénomènes d'addiction. Cette région du cerveau a longtemps été négligée par cette recherche spécifique. Il est envisageable de mener des études pharmacologiques destinées à viser une région spécifique du cortex insulaire. Cependant, il faudra être attentif à ne pas toucher d'autres régions de l'insula impliquées dans des fonctions de la vie courante.

Source : BE Etats-Unis 64 via Futura-Sciences